Catalyst, James Luceno

catalyst

Auteur : James Luceno

Titre en VO : Catalyst

(Traduction française prévue pour 2017.)

Résumé de l’éditeur :
« War is tearing the galaxy apart. For years the Republic and the Separatists have battled across the stars, each building more and more deadly technology in an attempt to win the war. As a member of Chancellor Palpatine’s top secret Death Star project, Orson Krennic is determined to develop a superweapon before their enemies can. And an old friend of Krennic’s, the brilliant scientist Galen Erso, could be the key.

Galen’s energy-focused research has captured the attention of both Krennic and his foes, making the scientist a crucial pawn in the galactic conflict. But after Krennic rescues Galen, his wife, Lyra, and their young daughter, Jyn, from Separatist kidnappers, the Erso family is deeply in Krennic’s debt. Krennic then offers Galen an extraordinary opportunity: to continue his scientific studies with every resource put utterly at his disposal. While Galen and Lyra believe that his energy research will be used purely in altruistic ways, Krennic has other plans that will finally make the Death Star a reality. Trapped in their benefactor’s tightening grasp, the Ersos must untangle Krennic’s web of deception to save themselves and the galaxy itself. »

 

Avant toute chose, j’avais tâché de ne pas trop m’étendre, même si j’avais beaucoup de choses à dire mais vous allez voir que c’est déjà perdu. Si vous voulez donc juste l’avis en trois mots sans vous embarrasser de mes considérations personnelles sur ce livre et tout ce qu’il implique : c’est mauvais (encore une fois c’est juste mon avis personnel mais je suis aussi là pour expliquer mon avis).

Maintenant que vous êtes là pour comprendre un peu ce jugement que je porte à un livre de James Luceno, un auteur que je n’ai cessé d’encenser à chacun de mes articles Star Wars, commençons par présenter ce roman.
Catalyst est une sorte d’introduction à Rogue One, le prochain film Star Wars. L’histoire ici est celle de Galen Erso et de la construction de la première Death Star. Certains personnages de l’univers Star Wars vivent de grandes aventures épiques, ce n’est pas le cas de Galen Erso. Clairement, le résumé de l’histoire suffit totalement et le talent de James Luceno est gâché par une histoire qui n’a rien à raconter. Quand on lit un Darth Plagueis ou ses romans sur Anakin/Vader et qu’on compare avec ce nouveau roman, on voit certaines mécaniques similaires mais ça n’a plus rien à voir. Je ne peux que soumettre des idées sur le pourquoi de cet état de fait mais il en ressort que l’histoire est insipide et la lecture est pénible. D’ailleurs un point qui ne trompe pas : j’ai mis une semaine à lire ce livre (et encore plus longtemps avant d’écrire cette chronique). On est là au niveau du pire roman, Aftermath, alors que cette fois le style n’est pas en cause.

Au sujet des intervenants dans l’histoire, Galen Erso est donc le personnage principal mais un autre personnage aura également un très grand rôle : Orson Krennic. A côté de ces deux-là, quelques personnages récurrents dont Lyra Erso (dont le rôle est finalement résumé à femme de Galen et mère de Jyn ce qui est terriblement frustrant) et Tarkin, forcément incontournable lorsque l’on parle de la première Death Star. James Luceno ayant écrit le roman centré sur Tarkin, ce personnage est vraiment bien retranscrit et figure parmi les réussites du roman. Krennic fut une très bonne surprise. Après ces deux-là, c’est mauvais. Galen Erso est avant tout un concentré de clichés, Lyra est un pot de fleur (c’est simple, à partir de la naissance de Jyn, chaque apparition de Lyra démarre par la question « comment va Jyn ? »), et enfin un contrebandier nommé Has (un nom pas du tout pénible dans un roman en anglais) qui ne présente aucun intérêt. Point de vue des personnages, c’est donc plutôt raté.

Concernant l’histoire en elle-même, j’avais pas mal d’attentes comme j’ai pu l’expliquer dans ma conclusion sur l’Univers Étendu Star Wars, principalement par le nom de l’auteur mais très clairement tout a volé en éclat dès les premières pages. Le premier chapitre a d’ailleurs été symptomatique de tout ce livre. On démarre par une scène où l’urgence est très présente et ça devrait donc courir dans tous les sens avec de l’action à tout va, pourtant on reste en scène figée et avec des dialogues qui s’éternisent. J’étais là à leur crier de s’enfuir mais non, les personnages refusaient de m’écouter et restaient là à discuter en attendant de se faire capturer. Et c’est ça sur de très nombreux passages du roman, les plans fixes avec des discussions qui durent plus longtemps qu’elles ne devraient. J’avais l’impression de voir un film de série B qui n’avait tellement pas de budget pour les décors qu’ils n’en utilisaient qu’un seul. Ce phénomène donne un gros problème de rythme à l’histoire car le vrai propos du livre est d’introduire l’intrigue de Rogue One donc expliquer d’où viennent les personnages, quels sont leurs buts et comment ils vont arriver à la situation du début de Rogue One. Ces explications sont données par des dialogues à rallonge (sans rythme) et des anecdotes. A côté de tout ceci, il n’y a aucune grande révélation et quelques incohérences scénaristiques (pas dramatiques mais qui m’ont gêné tout de même).
Le point qui m’a le plus étonné sur la fin du livre est la construction de l’épilogue. On a un condensé d’événements se déroulant sur plusieurs mois mais raconté de manière succincte et c’est bien plus fluide que le reste du roman. Tout aurait pu être écrit de cette manière et ce serait bien mieux passé. Le roman n’aurait fait que 50 pages peut-être mais j’aurais probablement porté un meilleur avis. Voilà finalement le vrai problème du roman : une histoire courte mais diluée sur de nombreuses pages alors qu’elle aurait dû faire l’objet d’une nouvelle plutôt que d’un roman.

Au final, pour ceux qui sont à fond sur Rogue One et qui veulent avoir le moindre détail avant de voir le film, il n’y a rien à apprendre du livre. C’est extrêmement regrettable.
Pour ma part, j’attendais de ce livre de voir s’il me donnait ou non l’envie de lire Rogue One (car il était déjà convenu que je ne verrais pas le film mais je me posais encore la question quant à lire la novélisation). Après ce Catalyst, j’ai perdu le peu d’intérêt que je pouvais avoir concernant Rogue One.
Pour ceux qui ne le savent pas, l’histoire du vol des plans de la Death Star avait été magnifiquement racontée dans l’ancien canon, avec notamment l’assaut héroïque du Red Hand Squadron, mené par la géniale Bria Tharen (qui n’était pas la seule femme de l’équipe d’ailleurs, bien heureusement), dont la mission se terminera par un suicide après avoir transmis les plans vers le Tantive IV qui me laissera en larmes au moment de la lecture. Je n’oublierai jamais le sentiment que m’avait laissé cette histoire alors forcément, j’ai du mal à me faire à l’idée que Rogue One réécrit ce passage.
(Au passage Bria Tharen, avant de rejoindre la Rebellion, était également contrebandière et avait vécu une relation passionnée avec Han Solo. C’est ce qui m’avait toujours fait dire que si Han était revenu se mêler à l’attaque de Yavin IV, c’était avant tout grâce à Bria.)

 

Après avoir (longuement) présenté ma critique de Catalyst, j’aimerais entrer dans une deuxième partie de cet article, une sorte d’addendum à mon analyse subjective de l’Univers Étendu Star Wars (version Disney). En effet, pendant cette lecture, j’ai réalisé que certains points étaient communs avec les autres lectures et étaient d’autres points qui me gênaient dans ces histoires. On va arriver donc sur un article plutôt long mais bon, arrivé ici plus personne ne lit et de toute façon personne ne lit ce que je raconte donc je peux bien parler de tout ce dont j’ai envie.

Le premier point qui m’a encore plus sauté aux yeux ici c’est que le monde décrit est finalement proche du nôtre. Certes, on n’a pas les mêmes « outils » mais dans les détails, le fonctionnement présenté est celui que l’on connaît sur Terre. C’est très perturbant je dois avouer car si je suis tant intéressé par l’univers Star Wars, c’est d’abord parce qu’il s’agit d’une galaxie qui n’est pas la nôtre et pour me sentir réellement dépaysé alors me retrouver dans un monde qui est finalement très réel me dérange.

Un autre reproche que j’aurais à adresser à ces oeuvres c’est le manque d’humour ou de second degré en général. J’avais déjà signalé dans ma conclusion de l’UE que ces récits n’apportaient plus de réflexion mais je vais aller plus loin cette fois, même le ton est réellement au premier degré. Il n’y a plus du tout de trait d’esprit, de sarcasme ou de dérision. Je n’attends clairement pas un personnage dont le rôle est de faire rire (vous pouvez remballer Jar Jar Binks, merci) mais un récit qui ne fait jamais sourire grâce à un mot bien placé est définitivement déprimant et c’est peut-être ce qui me manque le plus des histoires de l’ancien canon. Les dialogues entre Han Solo et Threepio par exemple étaient toujours un délice.

Enfin, une problématique très réelle dans ce nouvel univers étendu : les personnages féminins sont limités en nombre et surtout en importance. De plus, il n’y a quasiment que des humains. Il est vrai que dans les films, les humains avaient une place très importante et les femmes étaient en nombre limité, mais dans les histoire de l’ancien Univers Étendu, ceci était largement relativisé. Les récits par écrit permettaient plus de liberté et on a eu droit à une vraie diversité à la fois parmi les espèces présentées où les humains étaient toujours nombreux mais loin d’être vraiment majoritaires et où l’on pouvait trouver une vraie équité entre les genres.
Désormais, c’est terminé, les personnages sont quasiment tous humains (et ceux qui ne le sont pas sont souvent ce qu’on appelle des « near humans ») et principalement des hommes. Il faut croire que selon Disney, la diversité c’est à éliminer.

 

5 réflexions sur “Catalyst, James Luceno

  1. NovaBaby dit :

    Missa avoir tout lu jusqu’au bout, tissa content ? (Pardon, c’était trop facile).
    Bon, j’ai pas vu le film, j’annonce. Ni lu le bouquin, mais je suis d’humeur extensive, et je suis sûre que tu lis pas les commentaires jusqu’au bout, donc bon.
    À mon avis, ils font exprès de faire des romans insipides qui ne donnent pas trop d’infos. Je pense très sincèrement qu’ils misent tout sur les films, et qu’ils veulent absolument que tout soit compréhensible sans les bouquins, en se disant que seuls les fans ultimes liront les livres. Et comme il y a peu de zones d’ombres et de subtilités dans les films d’amis ce que j’ai compris (rapport que j’ai pas été voir Rogue One et que je ne connais pas assez l’univers pour avoir une opinion sensée) ça laisse peu de «creux» pour en tirer des bouquins intéressants.
    C’est un peu concon de tuer une franchise comme celle-ci, mais ça ne m’étonne pas vraiment. Tout comme ça ne m’étonne pas que les persos féminins fassent figuration, d’ailleurs. Un peu dommage quand on voit les persos féminins de départ, peu nombreux mais avec des motivations indépendants de leur sexe…

    • Lost in Chapter 13 dit :

      Lançons le débat.
      Clairement, il n’est pas nécessaire de faire un roman insipide pour garder tous les éléments importants pour le film. On peut écrire un bon livre et pourtant ne rien dévoiler de ce qui va arriver dans le film (et faire en sorte que le film soit complet sans le livre). C’est très largement possible et bien heureusement. D’autant que le livre se passe très longtemps avant le film. On lit les livres pour avoir des aventures à côté, remplir l’univers, avoir quelques tous petits détails inutiles, pas pour qu’ils soient des compléments aux films (enfin pas des compléments directs on va dire).
      Le vrai problème, c’est qu’il y a de moins en moins de liberté créative. L’impression est qu’ils pourraient prendre n’importe quel auteur, ça donnerait toujours la même chose.

      Sur l’édition des romans de l’ancien UE, chaque auteur était force de proposition et l’éditeur était là pour donner la direction et valider les choix de l’auteur (pour les séries genre le NJO, ça donnait un comité d’écriture avec tous les auteurs plus Sue Rostoni de LucasArts Edition et quelques autres et qu’ils définissent ensemble les thèmes et chaque élément). Maintenant que Disney a repris la main, ils fournissent un cahier des charges à l’auteur d’un roman et ce dernier doit s’exécuter sans avoir son mot à dire.
      Oui, je suis complètement désabusé parce que je suis en position de comparer avant et après et voir que l’avant a été littéralement jeté aux oubliettes pour « ça », ça me remplit de tristesse…

      • NovaBaby dit :

        À mon avis, ils ne veulent justement pas trop laisser de marge de manoeuvre des fois qu’il y ait moyen de caler un film sur une période différente, avec d’autres persos, etc.
        Les livres n’étant clairement pas ce qui leur faut gagner le plus d’argent, j’imagine.
        Les quelques personnes que je connais qui sont vraiment dans de l’univers sont déçus surtout parce qu’avant (damned, j’ai l’impression de parler comme si j’avais 80 balais), ils s’éclataient autant à faire des suppositions et à élaborer des théories qu’à voir les films / animés / lire les bouquins. Visiblement, non seulement c’est moins le cas maintenant, mais en plus, il y a des contradictions énormes avec ce qui avait été dit avant.
        Je ne sais plus de quand date la reprise par Disney, mais j’ai l’impression que ce changement de position reste assez récent (avec la sortie du 7, je dirais ?).
        On est bien d’accord sur le fait que les romans pourraient être bien, et même lancer des pistes, tout en étant cohérents avec l’univers. Mais faudrait pas que ça «gâche» un éventuel film, hein ? /cynique

      • Lost in Chapter 13 dit :

        Le rachat par Disney date (officiellement) de décembre 2012. La décision de sortir tous les romans/comics hors du canon est quant à elle actée d’avril 2014. C’est là que le schisme est arrivé. Avant ce moment, les livres étaient intéressants (dans l’ensemble parce qu’il y a eu des ratés évidemment) et il ne gâchaient rien aux films, soit ils apportaient un complément sympathique mais non indispensable, soit ils n’avaient qu’un rapport plus ou moins lointains avec les films. Après cette date, c’est devenu tout pourri (oui j’exagère mais c’est la déception qui parle surtout).

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