David Bowie n’est plus.

David Bowie n’est plus et c’est tragique.
Comme beaucoup, sa musique et sa personnalité m’ont touché. Comme beaucoup, je ressens un grand vide à sa disparition.

Depuis toujours, j’ai cette impression d’avoir vécu avec sa musique, sans qu’il n’y ait vraiment un commencement. David Bowie était une constante de ma vie, un point de repère. Je n’ai jamais cherché à savoir d’où il venait, il était simplement là, comme un guide immuable.

Petit, j’étais accompagné par les vinyles de mon père. Je me rappelle encore quand à 6 ans, j’ai pour la première fois posé le vinyle de The Man Who Sold The World sur la platine, m’asseyant juste devant, et laisser les notes se jouer et entrer dans mon esprit. J’aurais pu passer des heures ainsi, seul dans mon univers, et ce souvenir aujourd’hui vague me laisse réellement l’impression d’avoir passé un moment éternel assis seul à quelques centimètres de la platine de mon père. Je me rappelle avoir vu Labyrinthe au cinéma, tomber amoureux de Jennifer Connelly grâce à la musique de David Bowie et découvrir une autre de ses facettes. L’acteur David Bowie était aussi sublime que le chanteur. J’ai découvert les personnages qu’il créait prendre vie. Lorsque je suis tombé dans la science-fiction, l’un des films les plus forts fut The Man who fell to Earth. Il résumait tellement la manière par laquelle je voyais David Bowie : un personnage qui ne vient pas de notre monde mais qui s’y adapte parfaitement, au point d’être intégré parmi les humains. La dernière scène du film étant d’ailleurs hyper forte pour renforcer ce sentiment que j’avais.

En grandissant et en comprenant mieux ses oeuvres, j’ai continué à m’inspirer de ses personnages qu’il créait. Ziggy Stardust m’impressionnait tellement mais il m’intimidait également. Le Major Tom en revanche me parlait tellement, d’abord au premier degré de par sa quête pour atteindre la Lune, moi qui rêvais déjà d’espace. Surtout cette image du junkie me ressemblait énormément, non pas que je me droguais (je n’ai même jamais fumé), on m’a souvent associé à cette image par le fait que mon esprit était toujours ailleurs, mes yeux qui n’arrivent pas à se concentrer sur un point et quelques autres traits. C’est ainsi que j’emprunterai le pseudonyme Major Tom, un nom qui fut très important et qui m’a ainsi grandement collé. Fut un temps, j’étais plus souvent appelé Major que par mon prénom (certaines connaissances n’ont d’ailleurs jamais connu mon prénom, se contentant de ce nom « Major »). C’est un peu la reprise des paroles de Ziggy dans Starmania : « sa musique a changé ma vie, moi j’ai changé mon nom pour lui ».

Un autre souvenir me vient de cette époque, je commençais à beaucoup m’ouvrir à la musique en plus de celle de David Bowie, et Nirvana, comme pour beaucoup, a également tenu une place importante (l’annonce de la mort de Kurt Cobain alors que j’étais au lycée me laissera à jamais un souvenir très marquant). Ainsi, en regardant à la télé le fameux Unplugged de Nirvana (sur sa première diffusion, j’étais à fond), je me rappelle le moment où j’entends les premières notes d’une chanson qui ne sont pas du groupe, ce moment où je me suis arrêté de penser, arrêté de bouger et que je revenais plusieurs années en arrière quand j’étais ce petit garçon qui mettait pour la première fois le vinyle de The Man Who Sold The World sur la platine pour s’asseoir devant. Je serai incapable de dire ce que j’ai réellement ressenti à ce moment, simplement que ce fut un moment très fort.

J’ai eu la chance de le voir deux fois sur scène lorsqu’il est passé à Paris, deux moments inoubliables bien sûr. Je me rappelle surtout du deuxième concert en 2003, j’ai l’impression de l’avoir vu joué tout son répertoire, et surtout sa conclusion sur Ziggy Stardust fut tellement magistrale. Il s’était changé pour ce dernier morceau, sans se maquiller tout de même, et les musiciens commencaient à quitter la scène au fur et à mesure qu’on s’approchait de la fin et David Bowie qui était plus grand que jamais, la lumière diminuait en suivant le cours de la chanson laissant David Bowie briller de mille feux et il est sorti de la scène pour les dernières secondes de la chanson mais revenant, tel le héros des plus belles histoires, sur les dernières notes pour chanter la dernière phrase de la chanson « Ziggy plays guitar », seul sur scène dans le noir, les bras levés, ayant conquis la soirée à tout jamais. Et sans m’en rendre compte j’étais debout, les bras levés de la même manière, vibrant de tout mon être et ce moment où j’ai découvert que la magie en ce monde était bien réelle et qu’elle était absolument magnifique.

Et maintenant, il nous a laissé une dernière trace de son passage avec Blackstar avant de partir juste après, juste après son anniversaire, pour qu’on sache que ce début d’année 2016, il voulait se rappeler une dernière fois à ce monde avant de partir.
The Man who fell to Earth est-il retourné, après toutes ces années, d’où il est venu ? Peu importe, il restera mon guide. J’ai probablement plus écouté la musique de Pink Floyd ou de Genesis, je suis probablement plus « fan » de Star Wars que de David Bowie, mais rien n’aura jamais autant marqué ma vie que David Bowie, sa musique, ses personnages, sa personnalité. Lui qui n’aimais pas sa voix et se sentait plus musicien que chanteur, lui qui s’amusait de son nom David Robert Jones en l’abbréviant en Dr Jones, lui a changé son nom en David Bowie avant de commencer sa carrière pour ne pas être pris pour Davy Jones le chanteur des Monkees (le groupe qui avait été monté pour copier les Beatles), lui qui s’est engagé pour faire accepter l’idée que les hommes pouvaient parfaitement porter les cheveux longs. Quand on y pense, c’est assez idiot ce genre de petites anecdotes dont on peut se souvenir mais au final ça contribue tout autant que les grands souvenirs à l’inspiration qu’il aura eu sur moi.

Aujourd’hui, j’ai perdu mon guide, mon repère, et la seule chose qui me vient à l’esprit c’est de vouloir le remercier, pour tout, pour m’avoir fait grandir, pour m’avoir fait découvrir de belles choses, pour me faire pleurer aujourd’hui et pour ses oeuvres qui continueront à m’accompagner chaque jour.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s